La revue de presse

Article du mensuel "MaBastide" juillet/août 2014

Le moulin à huile Froment a été fondé en 1900. À vapeur,
puis à moteur, et enfin à l’électricité, les générations
s ’y sont succédé, jusqu’à aujourd’hui. Or, loin d’être
une activité du passé, la meunerie a pris le virage
de la modernité en 2010... sur les chapeaux de roues.



 


Aux Vans, Albert Froment (retraité du bâtiment, passionné de mécanique, retapeur
de vélos, motos, vieilles automobiles, collectionneur exceptionnel, et meunier
de troisième génération) et Alain Froment (commercial dans l'aéronautique, retraité
aussi, passionné de voitures anciennes et de tradition familiale, et meunier de
quatrième génération) nous font faire le tour du propriétaire. d'abord, le nouveau
moulin, ensuite l'ancien, en face, de l'autre côté de la route des Cévennes. Accrochez
votre ceinture, parce que avec les Froment père et fils, on voyage dans le temps, et pas
seulement en ce qui concerne la meunerie.

L'hiver fatidique

4' Au tournant du siècle, il fallait se moderniser... a», raconte Alain. D’abord à
cause de la rareté des moulins. On dit que l’olivier est immortel. C’est presque vrai.
Il arrive qu’une saison exceptionnellement froide gèle les oliviers, comme l'hiver de
1956. -20°C à Aix-en-Provence, le gel faisait éclater les platanes dans le Lot... la
Saône, le Canal du Midi et l'étang de Berre étaient entièrement  on estime à cinq
millions le nombre d’oliviers qui ont dû être coupés, ‘rabattus” comme on dit, pour qu'ils
repartent de la base, et à un million, le nombre des oliviers qui ont péri. La  î
de l'arbre du sud a mis un demi-siècler s'en remettre. D'un moulin à huile dans
chaque village, trois à quatre, rien que pour Les Vans, seuls deux moulins en Ardèche
sont restés ouverts sans interruption depuis l’hiver fatidique. Mais aujourd'hui
l'oléiculture reprend des couleurs. Les oliviers décoratifs sont à la mode, on en voit
de plus en plus qui ornent les jardins des particuliers. De nouvelles plantations aussi,

apparaissent. D'anciennes parcelles son remises en état. Et lorsque ces olives de
plus en plus nombreuses arrivent à maturité, elles sont cueillies, et apportées aux derniers
moulins à huile en activité.

L'olive revient

Outre que le pressage progresse, il faut rappeler que la presse des olives, c'est un
peu comme les vendanges. Dès que les olives sont mûres, il faut presser, extraire
l'huile, si possible le jour même pour préserver les qualités organoleptiques du
fruit. Or avec les méthodes de cueillette modernes, aujourd'hui, c'est possible : « 800
kilogrammes d’olives en un jour, contre trois semaines auparavant. » Tant mieux
pour la qualité de l’huile d’olive. Quant à la saison du moulin, elle est toujours très
courte, soit environ trois semaines, de la fin de l'automne au début de l'hiver selon les
années. Ajoutez que l'olivier est un arbre capricieux en matière de production : une
bonne année est suivie d'une mauvaise année, ou deux années moyennes sont
suivies d’une excellente année. Multipliez maintenant le nombre en hausse d'oliviers
qui produisent par une excellente année, divisez par le nombre de moulins en activité,
et vous obtenez ce qu’ont vécu les Froment, il y a quelques années. c: On était saturé par
une oléiculture qui augmentait sans cesse. Du coup, on travaillait vingt-quatre heures
sur vingt-quatre. On faisait les trois huit. On s’est dit qu ’on ne pouvait plus continuer
comme ça. » Une petite révolution a donc lieu, en 2010 : l'activité du moulin traverse
la route, et s'installe dans de nouveaux locaux : spacieux, modernes, et optimisés
pour l'extraction de l'huile d'olive.


Une prestation de service payable en nature

Nous tavaillon à façon, lot par lot. t Avec ores de huit cents apporteurs lors de
la dernière saison, Il est impératif de prendre rendez-vous avec le meunier. c Chaque client
mon! ses olives, qui sont pesées, triturées, et repart avec son imite, ou nous la vend.
maman faire de la prestation.  Désormais. le moulin Froment possède son magasin, où
l‘huile est conservée pour être vendue. il vaut mieux appeler avant pour visiter le magasin

parce qu'il n’y a pas de permanence. En principe on est la', mais bon, on ne sait
jamais. a Sur rendez-vous également, plutôt en dehors de la saison de récolte des olives
pour l’huile, les Froment père ou fils se feront un plaisir de vous faire la visite. comme ils
l'ont fait pour nous, de l’ancien moulin. celui du grand-père d’Albert. Vous traverserez la
route des Cévennes. entrerez dans la vieille bâtisse dans laquelle l'huile d‘olive a coulé 110
ans durant. A l'origine. le moulin ne possédait ni l'eau, ni l'électricité. On s'éclairait donc...
a l'huile d'olive ' Les machines ont tourné à la vapeur, puis le moteur à explosion est arrive.
puis l’électricité. enfin. avant l'automatisation ou nouveau moulin. Dans l'ancien. les Froment
ont consigne les machines. dont certaines en état de fonctionner. Un témoignage du temps
passé“, que les meuniers l‘ont vivre en faisant visiter avec le savoir-faire et la passion qui les caractérisent. Alors. entre les courtines de l‘ancien moulin
et les machines flambant neuves du nouveau, entre une anecdote sur la statue Léopoid Ollier des Vans et une dégustation d’huile olive. si vous hésitez encore a visiter le moulin Froment, c'est que nous n'avons pas encore évoqué les collections de vélos. motos et voitures ou père et fils, disséminées un peu partout dans les granges. moulins. dépendances... on vous en parlera plus
longuement une autre fois.


 

L'autre passion d'Alain Froment, outre le moulin familial et les belles italiennes (les machines
du nouveau moulin, d’origine italienne, qu'est-ce que vous croyiez ?), c'est la restauration
d'anciennes voitures, << celles qui me faisaient rêver quand j'étais jeune. »

En l'occurrence, des voitures populaires des années 50-60, comme cette BMW Isetta garée
au milieu du moulin moderne, tout droit issue du clip de Stromae, c Papaoutai ». D'ailleurs,
la silhouette du chanteur figure à côté de l'automobile flambant neuve, comme sortie de
l’usine, et accueille les apporteurs d'olives, acheteurs d’huile d’olive et autres curieux. Albert,
lui, ce sont les voitures des années 20—30 qui le font vibrer. Et les motos. Et les vélos. Et
les outils agricoles. Et les tracteurs. « C’est une maladie comme une autre », nous dit-il l
en rigolant. Une centaine de motos, vélos et automobiles retapées. Quelques pièces rares.
Parfois, ce n'était qu'un cadre rouillé exhumé des ronces. Albert faisait des recherches,
puis restaurait la bécane. Des motos qui roulaient dans les Cévennes, principalement,
et dont les propriétaires se débarrassaient. Des motos sans chrome, parce qu'on s’en
servait, « non pas pour épater les filles », mais pour se déplacer: c: J'ai fait de la moto »
dit-il. Mais maintenant ils font des kilomètres, des kilomètres, des kilomètres... On leur
demande : « Et qu'est-ce que tu as vu de ta moto ? Je ne sais pas. J’ai roulé. » Citons de
la collection d'Albert, en vrac, un vélo de 1860 fait à la forge, avec pédales, frein, selle, et
le grelot obligatoire... vélo à boite de vitesses, vélo à rétropédalage, vélos à jantes en bois,
Vélomoteurs, cyclomoteurs, Motocyclettes, Solex, Motobécane, BMW, Mobylettes, side-cars,
Pétrolettes, grosses cylindrées, Saroléa, Motoconfort, etc. c’est toute l'histoire des deux
roues qui est passée entre les mains mécaniciennes d'Albert Froment. Et, tenez-vous bien,
ces machines fonctionnent toutes ! « Mon plaisir, c'était de les faire revivre. » u


 

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